Avoue-le

Allez, avoue-le donc
Pour une fois
Que toi — oui, toi,
Que tu aimes quand j’enfonce
Mon doigt juste là bien profond
Mon doigt bien profond
Tu aimes ça, hein?

Tu aimes ça, tu aimes trop ça
Tu en raffoles, tu en es malade
De mon doigt enfoncé juste là
Tu aimes ça tu aimes ça tu aimes ça
Avoue-le, avoue-le donc
Tu aimes ma langue enfoncée juste là
Et aussi ici, juste en dessous
Et ma langue qui s’insinue lentement
Là, là, là et aussi ici
Comment «où ça» ? Juste ici !
Et là, en prime, par-dessus le marché
À titre gracieux, pour te faire bander
Tu aimes ça, avoue-le

Dis-moi dis-moi dis-moi
Tu aimes allez avoue
Ne parle pas la bouche pleine!
Parler la bouche pleine
C’est vraiment impoli
Discourtois goujat
Grossier impertinent impudent
Incivil inconvenant incorrect indécent
Malappris malotru sans-gêne
De parler la bouche pleine
Pleine de foutre refroidi
Grossier impertinent impudent
De parler la bouche pleine
Pleine de la dèche mousseuse
Du dude qui est venu dans ma chatte
Et que tu as bu à la source

Tu en veux encore, hein?
Tu en veux encore, avoue
Avoue-le donc, pour une fois
Allez, sois pas si poule mouillée
Dis-le, dis-le donc
Que tu as envie de te faire farcir
Comme un poulet déplumé
Avoue-le donc, pour une fois
Juste une fois
Une petite fois
Toute petite
Petite fois
Et viens m’embrasser
Tendrement

Stalker Blues

J’admets que la première fois que je t’ai vu
J’ai tout de suite eu envie de sucer ta queue
J’admets que c’est moi qui ai tâté ton cul
Quand tu avais le dos tourné à ton lancement
J’admets que j’ai ensuite volé ton foulard
Et que je l’ai humé aux toilettes en me branlant

Circonstances atténuantes :
Mes amies n’arrêtaient pas de parler de toi
Elles qui admirent ton génie poétique
Et qui ne cessaient de vanter ta forte personnalité
Ta personnalité qui porte à gauche
Ta très très grosse personnalité

Comment une femme peut-elle résister à ça ?
Je suis donc allée, curieuse, garer mon cul
À la fucking Maison de la Culture de mes deux
Pour t’écouter déclamer nonchalamment
Tes strophes pétries d’immondices
Tes épouvantails à honnêtes citoyens

Quand tu as parlé de douches romaines
Je me suis mise à fondre
Comme le passage du Nord-Ouest
Et quand tu as parlé de Dirty Sanchez
Ça m’a frappé dans le ventre
Comme mes premières règles

Hélas, tu as femme, bungalow et enfants 
Alors je ne peux partager avec toi
Mes propres vers orduriers
Alors je les écris juste pour moi
Pour les relire avec ta voix dans ma tête
Pour les relire en me roulant la bille

J’admets rêver de te prendre en Amazone
Quand je pense au rose de tes mamelons
Sous ta chemise Arrow immaculée
J’admets rêver de te lécher sous les couilles
– Est-ce que les épouses des poètes
Leur mangent la raie du cul ?

J’avoue t’avoir suivie jusqu’à chez toi
Mais je te jure que je ne suis pas entrée
Sinon je me serais roulée dans ton linge sale
J’aurais frotté ton oreiller sur ma plotte
J’aurais enfoncé ta brosse à dents dans mon cul
Comme Boucle d’or chez les trois ours

Les coups de fil au milieu de la nuit
Les lamentations et le souffle oppressé
Ça j’avoue que c’est bel et bien moi
Mais je sais que je ne dérangeais pas ton sommeil
Tout occupé que tu étais sûrement
À taquiner ta muse, cette pouffiasse

C’était moi la culotte sur la poignée de porte
C’était moi les seins nus dans ton inbox
C’était moi le mot obscène sur le parebrise
C’était moi le «SALOPE» sur la photo de ta femme
Voilà tu le sais alors inutile d’en faire tout un plat
Pas besoin de demander une injonction interlocutoire

Réglons ceci comme des adultes raisonnables
Laisse-moi me faufiler derrière toi
Laisse-moi te secouer la trique
En blottissant mon nez dans ta nuque
Jusqu’à ce que tu craches ton joli foutre
Et quittons-nous ensuite en bons termes

Sodomie d’une nuit d’été

Il disait adorer se faire baiser
Mais qu’il n’aimait pas les hommes
Ce n’était pas faute d’avoir essayé
Jura-t-il croix-de-fer-croix-de-bois

Et moi qui suis l’amante miséricordieuse
De tous les orifices en mal d’amour
Je me suis portée volontaire
En lui disant de m’appeler Peg

Je n’étais jamais venue dans ce parc
Cet endroit discret où les dudes
Fuient leurs femmes et leurs enfants
Pour faire exulter leurs corps sous la lune

Je l’ai suivi jusqu’au bord de la rivière
Où coule la sueur et le sperme
Le long des rochers et sur la mousse
Pour imprégner les serviettes de plage

Il sortit sa bite et la secoua mollement
Moi je pris le gode-ceinture dans mon sac
Et pendant que j’en ajustais les sangles
Il fit tomber son froc jusqu’à ses chevilles

Il s’appuya contre l’arbre pour moi
« Prends-moi Peg! Encule-moi Peg! »
Soupira-t-il en agitant son derrière
« J’ai été un vilain garçon! »

Hélas je ne suis pas l’enculeuse
Que naïvement je croyais être
Ma bite de latex fonçait à l’aveuglette
Et le lubrifiant empoissait mes doigts

« Guide-moi, place-moi, fais-la rentrer »
Dis-je en m’escrimant avec maladresse
« Aie! Plus bas! Aie! Plus haut »
Me répondit-il en suant à grosses gouttes

Nous voulions tous deux garder nos vêtements
Juste au cas où on se ferait prendre
Ce qui n’arrangeait pas les choses
« J’abandonne. Je peux te sucer à la place ? »

« Non », répondit-il, le cul encore suppliant
Mais cul qui supplie jamais n’est rempli
Comme le disait le poète immortel
Et ce fut la fin de la noce

Un peu de sperme coulait de sa bite
Je le recueillis du bout du doigt pour le goûter
Quelques gouttes ne font jamais de mal
Quand vient le temps de se dire adieu

Le regret

Pas le son de ta voix
Pas les minuscules poils presque invisibles sur ta joue
Pas cette expression sur ton visage
      lorsque tu m’as dit « je t’aime » pour la première fois
Pas les Quatuors à cordes de Bartók
      qui te font grincer les dents
Pas tes chevilles sur le bord de la table à café
Pas l’odeur piquante de ton con repu d’amour
Ni le fin hâle de sueur sur ton épaule
      le matin quand tu dors encore
Ni ta timidité, ni tes audaces démentes
Ni même le velours de tes lèvres

Seulement le goût de tes larmes.

Prélude à l’après-midi d’un faune

(Poésie Craigslistienne)

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Sept nuits d’octobre

Fais de beaux rêves
Quatre inconnus et une ruelle
Quarante doigts qui me fouillent

Fais de beaux rêves
Des murs mous et muqueux
Goutte à goutte blanc et fiévreux

Fais de beaux rêves
Assise en classe toute nue
Et sur la langue un goût d’anus

Fais de beaux rêves
Bras liés et gorge nouée
Bâillons phalliques et sucres d’orge

Fais de beaux rêves
Vol plané dans les nuages
Montée par un nain qui me pistonne

Fais de beaux rêves
Spéléologue fébrile dans la grotte
D’une géante maquerelle

Fais de beaux rêves
Au matin quand les yeux se ferment
Membres brisés sentant le foutre

Les couleurs du djendeure

(Une autre comptine pour ne pas dormir.)

Voulez-vous une femme
Tapis tapis rouge
Dans votre grand lit ?
Tapis cramoisi

Voulez-vous une amante
Tapis tapis rouge
Avec une bite ?
Tapis anthracite

Voulez-vous qu’elle baise
Tapis tapis rouge
Tous vos orifices ?
Tapis brun réglisse

Voulez-vous connaître
Tapis tapis rouge
L’ultime volupté ?
Tapis vert foncé

Pour mes chouettes amies trans
Tapis tapis rouge
Je veux faire une comptine
Tapis bleu marine

Hélas le mot « transgenre »
Tapis tapis rouge
Ne rime avec rien
Tapis blond vénitien