C’est à quelle heure la pause m’sieur ?

(Pantoum)

Il n’y a plus une seule chaise libre dans l’auditorium
Il fait chaud ça sent le fauve le caleçon de la veille
Deux heures déjà qu’il parle sans discontinuer
J’ai le clito à vif et le cul qui me démange

Il fait chaud ça sent le fauve le caleçon de la veille
J’ai le rouge au front je n’entends plus rien
J’ai le clito à vif et le cul qui me démange
Les aisselles moites et la fente suintante

J’ai le rouge au front je n’entends plus rien
Je tords mes mains je serre les cuisses
Les aisselles moites et la fente suintante
Vivement la pause que je puisse me branler

Je tords mes mains je serre les cuisses
Deux heures déjà qu’il parle sans discontinuer
Vivement la pause que je puisse me branler
Deux heures déjà qu’il parle sans discontinuer

Veuillez lire notre foire aux questions avant de soumettre votre poème sur la glaire vaginale qui tache le fond de votre culotte

1. Combien de poèmes sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte puis-je soumettre à la fois ?

2. À quelle fréquence puis-je soumettre un poème sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte ?

3. Est-ce que vous acceptez les poèmes qui ont déjà été publiés sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte ?

4. Est-ce que vous acceptez les poèmes sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte qui ont été soumis à d’autres revues ?

5. Quels droits dois-je céder si vous publiez mon poème sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte ?

6. Dois-je m’attendre à corriger ou modifier mon poème sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte ?

7. Pourquoi n’acceptez-vous pas de poèmes sur le sang menstruel qui tache le fond de ma culotte ?

8. Dans quel format dois-je soumettre mon poème sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte ?

9. Combien de temps devrai-je attendre avant d’avoir une réponse au sujet de mon poème sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte ?

10. Quels genres de poèmes sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte acceptez-vous ?

11. Acceptez-vous les essais sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte ?

12. Acceptez-vous les photographies de la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte ?

13. Si je n’ai jamais publié de poèmes sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte, puis-je quand même soumettre mon poème sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte ?

14. Comment puis-je faire partie de votre comité de rédaction de poèmes sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte ?

15. Commentez-vous les poèmes sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte qui n’ont pas été retenus ?

16. Quelle est la longueur minimale et maximale des poèmes sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte que vous publiez ?

17. Où puis-je lire les poèmes sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte que vous avez déjà publiés ?

18. Comment puis-je m’abonner à votre revue de poèmes sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte ?

19. Comment choisissez-vous les poèmes sur la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte qui feront partie de votre anthologie ?

20. Comment puis-je poser ma candidature pour le prix littéraire de la glaire vaginale qui tache le fond de ma culotte ?

L’incident du trou du cul

Qu’est-ce qui t’a pris
De me lécher le trou du cul ?
Tu n’as jamais voulu avant
Espèce de salaud !

Moi qui me lavais tous les soirs
Avec du savon parfumé à la lavande
Le plus profond possible
Avant de me frotter contre toi
Mes fesses contre ta bouche
Le trou du cul sous ton nez
Vas-y ! Qu’est-ce que t’attends ?
Tu disais « T’es folle c’est sale ! »
Et là tout à coup

Comme ça
Sans prévenir
Tu me le lèches le trou du cul ?

Tu as une maîtresse, c’est ça hein ?
Tu as une maîtresse qui t’apprends
Des trucs pervers
Que tu ramènes à la maison ?
Ne le nie pas !
Je sais que tu mens !

Pourquoi tu me fais ça à moi ?
Pourtant j’en sais des trucs
Des trucs cochons
Des trucs sales
Des trucs encore plus sales et cochons
Que ses trucs à elle
Des trucs comme…
Comme…

Oh ça va, arrête
Tu ne me laisses pas le temps de réfléchir
Bien sûr que j’en connais des tas de trucs pervers
Je ne suis pas née de la dernière pluie

Je pourrais t’en montrer des cochonneries
Comme lécher un trou du cul qui ne sent pas la lavande
Un trou du cul parfumé à rien
Un trou du cul qui sent le vendredi soir
Bon, d’accord, ce n’est qu’un exemple
Mais c’est quand même un exemple vraiment cochon, non ?

Ne change pas le sujet de la conversation !
Tu n’es qu’un sale bâtard, une ordure !
Je suis sûre qu’à elle, tu lui fais des trucs
Encore plus dégueulasses
Des trucs avec de la merde partout
Des trucs avec des cadavres de centenaires
Avec du sang, des tripes, du sperme et du vomi
Avec des chiens torturés par des SS en porte-jarretelles
Tu me dégoûtes, je te haïs !

Je suis une fille simple, moi
Une fille de la campagne
Pas une salope sophistiquée
Qui vit dans le Mile-End
Je veux juste qu’on me lèche le trou du cul

Le vendredi soir
Ce n’est pas trop demander
À la vie
Il me semble

Idée fixe

Le braquemart blanc de Jean-Robert est géant et hétérosexuel
Le braquemart hétérosexuel de Jean-Robert est blanc et géant
Le braquemart géant et blanc de Jean-Robert est si… hétérosexuel
Le braquemart de Jean-Robert est si… si… géant et hétérosexuel
Son braquemart, le braquemart de Jean-Robert,
Est si géant et blanc
Et surtout si hétérosexuel qu’il semble encore plus géant
Et blanc

Qui l’eut cru ?
Qui eut cru que son braquemart géant et hétérosexuel
Serait si blanc ?
Je veux dire — Jean-Robert ?
Le Jean-Robert ?
Celui qui est hétérosexuel ?
Avec un braquemart hétérosexuel aussi blanc et géant ?
Incroyable !

Et pourtant…
De tous les braquemarts géants,
Blancs et hétérosexuels
Que j’ai pu admirer
Le braquemart blanc et hétérosexuel de Jean-Robert
Est le plus géant
J’oserais même dire que
De tous les hommes dotés
D’un braquemart géant,
Blanc et hétérosexuel
Celui de Jean-Robert est sûrement
Le plus blanc,
Le plus géant
Et le plus hétérosexuel

Vous pensez connaître quelqu’un
Vous pensez le connaître intimement
Et puis un jour vous découvrez
Que son braquemart hétérosexuel, blanc et géant
Est le plus géant des braquemarts blancs
Qu’un hétérosexuel ait pu porter

Jamais n’aurais-je cru
Jamais n’aurais-je su
Jamais n’aurais-je deviné
Que parmi tous les hommes hétérosexuels
Au braquemart géant et blanc
Jean-Robert serait celui dont le braquemart blanc
Est le plus hétérosexuel et géant

Le Jean-Robert,
(Celui qui a un géant et blanc braquemart hétérosexuel
Qui se distingue par sa blancheur, son gigantisme
Et son hétérosexualité
Qui fait dire à toutes celles et à tous ceux qui l’on vu :
« Qu’il est géant, blanc et hétérosexuel, ce braquemart ! »)
Et bien, ce Jean-Robert est doté d’un braquemart hétérosexuel
D’une blancheur géante

Je n’avais pas idée que Jean-Robert
Ait pu cacher un tel braquemart
Hétérosexuellement blanc et géant
Qui aurait pu le savoir ?
Certainement pas moi

Jean-Robert, si gigantesquement
Et hétérosexuellement blanc du braquemart
Que tous les autres braquemarts hétérosexuels
Semblent moins blancs et géants ?

Quelqu’un était au parfum ?
Quelqu’un était au courant
Que l’hétérosexuel et jean-robertien
Braquemart géant et blanc
Reposait dans le slip géant, blanc et hétérosexuel
De Jean-Robert ?

Pas moi, oh non, certainement pas moi

Passe-moi un Québec

La position du missionnaire
À Saint-Albert

La position d’Andromaque
À Saint-Benoît-du-Lac

La bête à deux dos
À Dolbeau

Les petites cuillères
À Saint-Cuthbert

Les vignes enlacées
À Saguenay

La levrette
À Saint-Anicet

La belle endormie
À Charny

L’écrin à bijoux
À Limoilou

Le rêveur ardent
Au Lac Saint Jean

Le cheval au galop
À Baie-Comeau

Le cavalier à la barre
À Ville-Émard

Le lotus renversé
À Gaspé

L’offrande secrète
À Lac-Bouchette

Le moulin à vent
À Saint-Jean

La brouette chinoise
À Sainte-Françoise

L’aurore boréale
À Montréal

Le marteau piqueur
À Saint-Cyrille-de-Wendover

L’étreinte du panda
À Oka

La culbute
À Lachute

La balançoire
À Saint-Liboire

Le grand écart
À Saint-Anaclet-de-Lessard

L’artilleur
À Chandler

Le phénix dans la joie
À Val-des-Bois

I want to suck a big cock

Enfonce- toi bien profondément
Dans ma gorge de sale gamine
Jusqu’à ce que je m’étrangle de bonheur
J’en ai assez de toutes ces bites rouges
Mâchouillées minces comme des stylos bille
I want to suck a big cock

À genoux devant la pâte de ton rouleau
Je veux m’accrocher à ta taille
Soudée à ta chair comme une lamproie
Sucer ton sang ton sperme ton souffle
La main soupesant ton sac de billes
I want to suck a big cock

Personne ne suce comme une bâtarde
Or je suis sang-mêlé odieuse impure
J’aime les queues crochues tordues
Odorantes et violettes comme une corolle
La tienne est imparfaite à la perfection
Let me suck a big cock

Si c’est non j’irai dans les ruelles suintantes
Où les videurs vont fumer leur clope
Où les inconnus parfaits attendent leur pipe
Avaler le trop plein de hargne grise
Vider couilles étranges et peines pulsantes
I want to suck a cock and don’t care whose it is

Je lécherais la benoîte bite du pape impie
Je laisserais dieu le père m’enculer
Avec les éclairs merdeux du saint esprit
Je boirais la pisse aigre de Belzébuth s’écoulant
De la béance bienheureuse de la vierge marie
If that’s what it takes to suck a big cock

Je ne te lâcherai pas tant que ton foutre
En gouttes constelle mes seins ou le carrelage
Je veux pomper la vie hors de tes artères
Comme la reine trayeuse de ta voie lactée
I need a big cock to suck
I want to suck a big cock

La cage

Avec du fil d’argent
Tu as cousu mes lèvres
Afin que plus un cri n’en sorte

Avec du fil d’or
Tu as cousu mon sexe
Afin qu’aucun phallus
Ne puisse jamais plus y entrer

Me voilà muette et infibulée
Posée sur un piédestal
Les mains liées dans le dos

Blottie contre ton ventre
Tu caresses mes cheveux
Avec la tendresse
Du propriétaire

Et moi je pense
À tout ce que j’abandonne
Pour ceindre mon front
De cet idéal en toc
Qu’est la monogamie

Jésus m’a prise en levrette

Jésus m’a prise en levrette
Sur la banquette arrière
D’une mini fourgonnette
C’était divin, c’était mystique
Surtout lorsqu’il épongea ma cyprine
Avec sa barbe christique
Puissante et miséricordieuse

J’ai alors épinglé mon numéro
À sa couronne d’épines
« Je te rappelle, bébé »
M’a-t-il dit en remontant son pagne
Ce que le lendemain – ô miracle ! – il fit
Prouvant ainsi qu’il est bien
Le fils de l’homme, le Messie

« Hier soir, c’était vraiment bien »
Me susurra-t-il en araméen
« Je craque pour les femmes
Bonnes à lapider
Fétichistes, laveuses de pieds
Adultères et pécheresses
Que fais-tu dimanche, après la messe ? »

Puisque le rédempteur était marié
Le royaume des cieux m’était interdit
Je dus me contenter de sa Windstar
Et du parking de l’église Saint-Elzéar
Où chaque jour du seigneur
La messe fut dite, stigmates aux fesses
Et petites culottes aux chevilles

« Partons avec ta sainte familiale »
Lui suggérai-je un jour, éperdue d’amour
Quitte ta femme, allons à Vegas
Pour qu’un sosie du roi des rois
Célèbre nos noces de Cana
Une bible dans la main et dans l’autre
Un banana-peanut butter sandwich

« Je ne peux abandonner les enfants de dieu »
Me répondit-il en essuyant son auréole
« Ma femme se doute de quelque chose
Elle veut des vacances à Niagara Falls
Un lit de satin en forme de Sacré-Cœur
Des orgasmes simulés et un buffet de crêpes
Multipliées pour le petit déjeuner »

Après l’avoir apostasié
Crucifiée seule dans mon lit
Privée de son corps de son sang
Livrée à moi-même
En rémission de mes péchés
Je rêve d’un amour miséricordieux
Sans couronne d’épines

Soins d’urgence aquatique

Tu m’as baisée à la piscine municipale
Où nous travaillions tous les deux
Une crampe nécessitait des soins d’urgence
Dans ton maillot de bain réglementaire

Par pure conscience professionnelle
Je me suis héroïquement jetée
Entre tes genoux, sous la table
Du local réservé aux maîtres-nageurs

La directrice a failli nous surprendre
Je suis donc restée immobile
Ta queue dans la bouche
Jusqu’à ce qu’elle parte

Toi tu n’as même pas débandé
Ton cœur battait entre mes lèvres
Ton parfum de sueur, de sperme
Et de crème solaire emplissait mes narines

Nous avons alors convenu
Que c’était vraiment trop risqué
Mais puisque la piscine fermait
Tu m’as suivi dans le vestiaire des filles

Ton érection déformait le lycra
De ton maillot de bain réglementaire
J’ai glissé ma main entre tes cuisses
Hâlées et noueuses de champion crawleur

Tu as mordu mon cou et empoigné mes seins
Les yeux hagards et le souffle court
Et j’ai attrapé ton membre congestionné
Comme on s’agripperait à une bouée

J’ai longuement astiqué ta bite
Avec tant de soin et d’application
Que je m’attendais à tout moment
D’en voir sortir le génie de la hampe

Mais je savais que c’était dans mon cul
Que tu souhaitais rendre l’âme
Alors, je me suis retournée en baissant
Le bas de mon maillot de bain réglementaire

J’ai guidé ton membre entre mes fesses
Râlant à chaque poussée comme une noyée
Expirant dans la houle qui me tanguait
Tuée puis réanimée à chaque coup de boutoir

Et quand enfin tu as fini par te retirer
Tu as déroulé le préservatif rubané de merde
Pour pisser ton foutre à grand traits  
Sur le lycra de mon maillot de bain réglementaire