La ballade du scrotum mordu

Si tu voulais bien
Cesser de gueuler
Je pourrais t’expliquer

Ne prends pas cet air de martyr
Je t’ai juste mordu les couilles
Et pas très fort en plus

Laisse-moi jeter un coup d’œil
Non, je ne te toucherai pas
Je vais juste regarder

Ben voilà, on ne voit rien
Pas la moindre marque
Le sac à malices n’est pas percé

Bande, mon amour!
Bande encore !
Jusqu’à cent ans !

Dis-toi que ce n’était
Qu’une expérience qu’il fallait vivre
Un kink à rayer de ta bucket list

Je voulais juste essayer
Mais je n’aime pas du tout
Les poils m’ont chatouillé la gorge

Pas fameux, pas excitant
De ce point de vue
Je regrette vraiment

Cela dit il y a des gens paient
Pour se faire mordre les couilles
Juste avant de jouir

Parfois on leur lacère la bite
Parfois on la fend en deux
Et c’est donc deux fois plus cher

Des fortunes changent de mains
Des empires financiers se sont bâtis
Sur de simples morsures de scrotum

Le roi Lear légua son royaume à sa fille cadette
Qui sut transcender l’amour filial
Et lui mordre les couilles jusqu’au sang

Dieu lui-même au huitième jour de la création
Mordit dans ses propres schnolles
Et vit que cela était juste et bon

Oui, bon, d’accord
Je m’excuse, ok ?
On peut baiser, maintenant?

L’amour est-il un échange?

Pourquoi existons-nous ?
Ta queue entre mes fesses.
Pourquoi sommes-nous ici ?
Ma langue sur ton cul.
Pourquoi existe-il quelque chose plutôt que rien ?
Tes lèvres sur mes seins.

Peut-on avoir raison toute seule ?
Mes dents sur tes couilles.
Tout s’en va-t-il avec le temps ?
Mes cuisses autour de tes hanches, ta bouche aspirant mon souffle.
Doit-on obéir aux lois ?
Les mains liées derrière le dos, la pine dressée et les yeux grands
ouverts.

Peut-on être libre sans les autres ?
Relents de fente et de foutre dans la pénombre de ma chambre.
Suffit-il de parler pour dialoguer ?
Mes ongles en sang dans ton dos, avant de sombrer dans
l’inconscience.

Qu’est-ce que l’amour ?

Fais honneur à Ville Lemoyne

Allez ma vieille ne leur fais surtout pas honte
Qu’est-ce qu’ils diraient s’ils te voyaient maintenant ?
Ce n’est pas le moment de faire la mauviette
Et encore moins celui de te défiler
Arrête de tirer sur ta jupe trop courte
Arrête de penser à ton chemisier trop échancré
Relève le front et hausse les épaules
Fais claquer tes talons aiguilles sur le parquet
Qu’ils résonnent comme les trompettes de Jéricho
Montre-leur de quoi tu es capable
Mets-leur en plein la vue
Fais honneur à Ville Lemoyne

Il y en a combien, finalement ?
Cinq ? Huit ? Douze? Quatorze ? Dix-sept ?
Pas plus d’une vingtaine en tout cas
Celui-ci n’est pas trop vieux
Celui-là n’est pas trop moche
Ceux-là semblent à peu près propres
Rien de bien intimidant
Rien que tu n’aies fait au moins cent fois
Allez ma vieille il est trop tard pour reculer
Toi qui fanfaronnais bravache avec eux au téléphone
Toi qui disais que tu en as toujours eu envie
Fais honneur à Ville Lemoyne

Tu es à la hauteur tu le sais très bien
C’est toi la meilleure tu le sais très bien
Tes yeux de braise n’ont jamais eu froid
Tes muqueuses sont plus résistantes que le kevlar
Avec toi les daltoniens en voient de toutes les couleurs
Avec toi les hombres fuient la queue entre les jambes
Laisse-les arracher tes fripes tu les as achetées pour ça
Laisse-les saloper ton maquillage tu l’a mis pour ça
Montre-leur que tes ressources sont inépuisables
Montre-leur que la Rive Sud ne s’en laissera jamais imposer
Allez ma vieille écarte bien les cuisses
Fais honneur à Ville Lemoyne

Lettre à l’amant

Tu resterais de glace si je te lisais Le con d’Irène en me limant le con avec une glace à la lime ?

Tu lécherais jusqu’à l’orgasme mes larmes sur ma cornée ?

Tu recruterais pour moi des légions d’étrangers sans visas et sans

visages pour récolter un bain de foutre et m’y tremper ?

Et si je badinais avec un aveugle, tu laisserais son chien me monter ?

Tu m’accompagnerais, nu, bâillonné, tenu en laisse, à la manif du huit mars ?

Tu éjaculerais ta morve sur mon palais si je suçais ton nez comme une verge ?

Tu me servirais ton sang et ton sperme mêlés dans un calice, pour que j’y trempe les doigts qui fouilleraient ton fondement ?

Tu me lierais à une table, jambes et bras écartés, putain absolue sans préférences ni états d’âme, pour me mettre à l’abattage ?

Tu éclabousserais de foutre ton bulletin de vote pendant que je te lèche le cul dans l’isoloir ?

Tu me laisserais agrafer ton prépuce à ton nombril et ton scrotum à tes cuisses ?

Tu placerais des araignées sur ma chatte après m’avoir ligotée nue dans le jardin ?

Tu me laisserais, moi fille de Loth, abuser de toi, plongé dans le sommeil de l’ivresse, pour te donner une postérité mâle ?

Tu t’amputerais un doigt, celui qui te sert à me faire jouir, pour que je le vénère comme relique ?

Tu téterais mes seins assez longtemps pour que je puisse t’allaiter,

Moi qui n’ai jamais enfanté ?

Tu installerais un godemiché sur l’escarpolette du parc du quartier pour que je puisse au grand jour m’y amuser ?

Tu m’expliquerais par l’exemple ce que veut dire le mot « bradycubie » ?

Tu te ferais tatouer la phrase « j’ai léché Anne Archet » sur la langue ?

Tu renierais ton dieu pendant que je me frotte la vulve sur le livre saint de ton choix ?

Tu me laisserais placer ton cigare dans mon sexe pour que je puisse faire des ronds de fumée ?

Tu viendrais boire le sperme de ton grand-père qui s’écoule de ma chatte surmenée ?

Tu resterais raide et immobile sur la civière de la morgue pendant que je te chevauche éperdument ?

Tu servirais à tes anciens camarades de classe le vin qui aurait servi à me faire un lavement ?

Tu me laisserais te regarder pendant que tu te sers d’un trou dans un tronc d’arbre comme tu te serais servi de mes propres orifices ?

Tu m’épierais pendant que je te trompe avec un bossu, une femme à barbe, un cul-de-jatte, un grand brûlé ?

Tu me laisserais mordre ton gland pour que je puisse boire, au dernier moment, deux fluides vitaux plutôt qu’un seul ?

Tu me construirais un Roméo mécanique sur lequel tu me ferais perdre la raison chaque soir entre dix-neuf et vingt heures ?

Tu goûterais, accompagnés de caviar de beluga, mes excréments tartinés sur un craquelin de seigle ?

Tu me laisserais vider mes glandes de Skene sur ton édredon de plumes d’eider ?

Tu m’achèterais un costume d’infirmière pour que je puisse aller sucer les cancéreux sur leur lit de mort ?

Tu me laisserais t’accrocher le gland sur un hameçon pour que je puisse jouer à la pêche miraculeuse ?

Tu me filmerais pendant que je débauche ta mère avec un gode ceinture ?

Tu emballerais ton braque d’un savant kokigami pour que je puisse l’offrir à ma petite cousine pour son anniversaire ?

Tu placerais une braise sur mon nombril pendant que je me masturbe, moi qui brûle d’amour ?

Tu me laisserais insérer de petites billes d’acier dans ton urètre pour pouvoir ensuite les voir jaillir avec ton foutre ?

Tu vendrais ton père, ta patrie et ton âme au diable pour que je jouisse une fois de plus, une seule fois ?

Alors ne viens pas me dire que tu m’aimes.

Embrasse-moi Caroline

Embrasse-moi Caroline avant que ton mari ne revienne
Faisons l’amour sur un lit de boîtes de pizza
Les mains sous la jaquette de flanelle
Laisse-moi un souvenir de cette nuit

Faisons l’amour sur un lit de boîtes de pizza
Buvons du Fresca dans des flûtes à champagne
Laisse-moi un souvenir de cette nuit
Avant que ton mari ne revienne

Buvons du Fresca dans des flûtes à champagne
Assises sur ce sofa couvert de fleurs
Avant que ton mari ne revienne
Je veux sentir ton souffle dans mon cou

Assises sur ce sofa couvert de fleurs
Tes doigts pinçant gentiment mes mamelons
Je veux sentir ton souffle dans mon cou
Je veux sentir la repousse de ton pubis contre ma joue

Tes doigts pinçant gentiment mes mamelons
J’ai attendu avant de prendre place entre tes cuisses
Je veux sentir la repousse de ton pubis contre ma joue
Ta culotte descendue jusqu’à tes chevilles

Je plante mes dents dans le gras de tes fesses
Je tête ton bouton le doigt sur la détente
Je bois ton Fresca à grande lampées
Embrasse-moi Caroline avant que ton mari ne revienne

Hymen

Désolée, je me préserve
Pour le danseur embauché par mes copines
Pour mon enterrement de vie de fille

Désolée, je me préserve
Pour les lesbiennes saoules qui me draguent
Au bar quinze minutes avant la fermeture

Désolée, je me préserve
Pour les adonis à moitié nus et luisants de sueur
Qui tondent la pelouse du parc devant chez moi

Désolée, je me préserve
Pour les dames BCBG qui m’invitent pour le thé
Et que je lape entre deux lampées de lapsang

Désolée, je me préserve
Pour tous les mecs sans visage de l’internet
Qui m’envoient des photos de leur bite cramoisie

Désolée, je me préserve
Pour les échangistes en string et en tongs
Qui organisent des orgies dans les sous-sols de Rawdon

Désolée, je me préserve
Pour les ménagères proprettes et quinquagénaires
Qui m’offrent à leur mari pour leurs noces d’argent

Désolée, je me préserve
Pour les types louches recrutés sur Craigslist
Qui viennent sonner chez moi à deux heures du mat’

Désolée, je me préserve
Pour les moustachus transgenres et tatoués
Qui me font monter bareback sur leur moto

Désolée, je me préserve
Pour les camionneurs qui me font sucer leur outil
À la queue-leu-leu dans la douche de la halte routière

Désolée, je me préserve
Pour la candidate conservatrice dans Yorkton-Melville
Qui m’enseigne à coup de gode les valeurs familiales

Désolée, je me préserve
Pour les vieux messieurs à l’haleine de bouc
Qui payent pour que je leur pisse au visage

Désolée, je me préserve
Pour Maîtresse Séverine qui m’a promis
De me marquer au fer rouge le weekend prochain

Désolée, je me préserve
Pour mon patron qui va me congédier
Si je refuse de le laisser me sauter dans son bureau

Désolée, je me préserve
Pour l’autel de Belzébuth, de Moloch et d’Asmodée
Sur lequel je serai sacrifiée lors de la prochaine pleine lune

Avoue-le

Allez, avoue-le donc
Pour une fois
Que toi — oui, toi,
Que tu aimes quand j’enfonce
Mon doigt juste là bien profond
Mon doigt bien profond
Tu aimes ça, hein?

Tu aimes ça, tu aimes trop ça
Tu en raffoles, tu en es malade
De mon doigt enfoncé juste là
Tu aimes ça tu aimes ça tu aimes ça
Avoue-le, avoue-le donc
Tu aimes ma langue enfoncée juste là
Et aussi ici, juste en dessous
Et ma langue qui s’insinue lentement
Là, là, là et aussi ici
Comment «où ça» ? Juste ici !
Et là, en prime, par-dessus le marché
À titre gracieux, pour te faire bander
Tu aimes ça, avoue-le

Dis-moi dis-moi dis-moi
Tu aimes allez avoue
Ne parle pas la bouche pleine!
Parler la bouche pleine
C’est vraiment impoli
Discourtois goujat
Grossier impertinent impudent
Incivil inconvenant incorrect indécent
Malappris malotru sans-gêne
De parler la bouche pleine
Pleine de foutre refroidi
Grossier impertinent impudent
De parler la bouche pleine
Pleine de la dèche mousseuse
Du dude qui est venu dans ma chatte
Et que tu as bu à la source

Tu en veux encore, hein?
Tu en veux encore, avoue
Avoue-le donc, pour une fois
Allez, sois pas si poule mouillée
Dis-le, dis-le donc
Que tu as envie de te faire farcir
Comme un poulet déplumé
Avoue-le donc, pour une fois
Juste une fois
Une petite fois
Toute petite
Petite fois
Et viens m’embrasser
Tendrement

Stalker Blues

J’admets que la première fois que je t’ai vu
J’ai tout de suite eu envie de sucer ta queue
J’admets que c’est moi qui ai tâté ton cul
Quand tu avais le dos tourné à ton lancement
J’admets que j’ai ensuite volé ton foulard
Et que je l’ai humé aux toilettes en me branlant

Circonstances atténuantes :
Mes amies n’arrêtaient pas de parler de toi
Elles qui admirent ton génie poétique
Et qui ne cessaient de vanter ta forte personnalité
Ta personnalité qui porte à gauche
Ta très très grosse personnalité

Comment une femme peut-elle résister à ça ?
Je suis donc allée, curieuse, garer mon cul
À la fucking Maison de la Culture de mes deux
Pour t’écouter déclamer nonchalamment
Tes strophes pétries d’immondices
Tes épouvantails à honnêtes citoyens

Quand tu as parlé de douches romaines
Je me suis mise à fondre
Comme le passage du Nord-Ouest
Et quand tu as parlé de Dirty Sanchez
Ça m’a frappé dans le ventre
Comme mes premières règles

Hélas, tu as femme, bungalow et enfants 
Alors je ne peux partager avec toi
Mes propres vers orduriers
Alors je les écris juste pour moi
Pour les relire avec ta voix dans ma tête
Pour les relire en me roulant la bille

J’admets rêver de te prendre en Amazone
Quand je pense au rose de tes mamelons
Sous ta chemise Arrow immaculée
J’admets rêver de te lécher sous les couilles
– Est-ce que les épouses des poètes
Leur mangent la raie du cul ?

J’avoue t’avoir suivie jusqu’à chez toi
Mais je te jure que je ne suis pas entrée
Sinon je me serais roulée dans ton linge sale
J’aurais frotté ton oreiller sur ma plotte
J’aurais enfoncé ta brosse à dents dans mon cul
Comme Boucle d’or chez les trois ours

Les coups de fil au milieu de la nuit
Les lamentations et le souffle oppressé
Ça j’avoue que c’est bel et bien moi
Mais je sais que je ne dérangeais pas ton sommeil
Tout occupé que tu étais sûrement
À taquiner ta muse, cette pouffiasse

C’était moi la culotte sur la poignée de porte
C’était moi les seins nus dans ton inbox
C’était moi le mot obscène sur le parebrise
C’était moi le «SALOPE» sur la photo de ta femme
Voilà tu le sais alors inutile d’en faire tout un plat
Pas besoin de demander une injonction interlocutoire

Réglons ceci comme des adultes raisonnables
Laisse-moi me faufiler derrière toi
Laisse-moi te secouer la trique
En blottissant mon nez dans ta nuque
Jusqu’à ce que tu craches ton joli foutre
Et quittons-nous ensuite en bons termes