Passe-moi un Québec

La position du missionnaire
À Saint-Albert

La position d’Andromaque
À Saint-Benoît-du-Lac

La bête à deux dos
À Dolbeau

Les petites cuillères
À Saint-Cuthbert

Les vignes enlacées
À Saguenay

La levrette
À Saint-Anicet

La belle endormie
À Charny

L’écrin à bijoux
À Limoilou

Le rêveur ardent
Au Lac Saint Jean

Le cheval au galop
À Baie-Comeau

Le cavalier à la barre
À Ville-Émard

Le lotus renversé
À Gaspé

L’offrande secrète
À Lac-Bouchette

Le moulin à vent
À Saint-Jean

La brouette chinoise
À Sainte-Françoise

L’aurore boréale
À Montréal

Le marteau piqueur
À Saint-Cyrille-de-Wendover

L’étreinte du panda
À Oka

La culbute
À Lachute

La balançoire
À Saint-Liboire

Le grand écart
À Saint-Anaclet-de-Lessard

L’artilleur
À Chandler

Le phénix dans la joie
À Val-des-Bois

I want to suck a big cock

Enfonce- toi bien profondément
Dans ma gorge de sale gamine
Jusqu’à ce que je m’étrangle de bonheur
J’en ai assez de toutes ces bites rouges
Mâchouillées minces comme des stylos bille
I want to suck a big cock

À genoux devant la pâte de ton rouleau
Je veux m’accrocher à ta taille
Soudée à ta chair comme une lamproie
Sucer ton sang ton sperme ton souffle
La main soupesant ton sac de billes
I want to suck a big cock

Personne ne suce comme une bâtarde
Or je suis sang-mêlé odieuse impure
J’aime les queues crochues tordues
Odorantes et violettes comme une corolle
La tienne est imparfaite à la perfection
Let me suck a big cock

Si c’est non j’irai dans les ruelles suintantes
Où les videurs vont fumer leur clope
Où les inconnus parfaits attendent leur pipe
Avaler le trop plein de hargne grise
Vider couilles étranges et peines pulsantes
I want to suck a cock and don’t care whose it is

Je lécherais la benoîte bite du pape impie
Je laisserais dieu le père m’enculer
Avec les éclairs merdeux du saint esprit
Je boirais la pisse aigre de Belzébuth s’écoulant
De la béance bienheureuse de la vierge marie
If that’s what it takes to suck a big cock

Je ne te lâcherai pas tant que ton foutre
En gouttes constelle mes seins ou le carrelage
Je veux pomper la vie hors de tes artères
Comme la reine trayeuse de ta voie lactée
I need a big cock to suck
I want to suck a big cock

La cage

Avec du fil d’argent
Tu as cousu mes lèvres
Afin que plus un cri n’en sorte

Avec du fil d’or
Tu as cousu mon sexe
Afin qu’aucun phallus
Ne puisse jamais plus y entrer

Me voilà muette et infibulée
Posée sur un piédestal
Les mains liées dans le dos

Blottie contre ton ventre
Tu caresses mes cheveux
Avec la tendresse
Du propriétaire

Et moi je pense
À tout ce que j’abandonne
Pour ceindre mon front
De cet idéal en toc
Qu’est la monogamie

Jésus m’a prise en levrette

Jésus m’a prise en levrette
Sur la banquette arrière
D’une mini fourgonnette
C’était divin, c’était mystique
Surtout lorsqu’il épongea ma cyprine
Avec sa barbe christique
Puissante et miséricordieuse

J’ai alors épinglé mon numéro
À sa couronne d’épines
« Je te rappelle, bébé »
M’a-t-il dit en remontant son pagne
Ce que le lendemain – ô miracle ! – il fit
Prouvant ainsi qu’il est bien
Le fils de l’homme, le Messie

« Hier soir, c’était vraiment bien »
Me susurra-t-il en araméen
« Je craque pour les femmes
Bonnes à lapider
Fétichistes, laveuses de pieds
Adultères et pécheresses
Que fais-tu dimanche, après la messe ? »

Puisque le rédempteur était marié
Le royaume des cieux m’était interdit
Je dus me contenter de sa Windstar
Et du parking de l’église Saint-Elzéar
Où chaque jour du seigneur
La messe fut dite, stigmates aux fesses
Et petites culottes aux chevilles

« Partons avec ta sainte familiale »
Lui suggérai-je un jour, éperdue d’amour
Quitte ta femme, allons à Vegas
Pour qu’un sosie du roi des rois
Célèbre nos noces de Cana
Une bible dans la main et dans l’autre
Un banana-peanut butter sandwich

« Je ne peux abandonner les enfants de dieu »
Me répondit-il en essuyant son auréole
« Ma femme se doute de quelque chose
Elle veut des vacances à Niagara Falls
Un lit de satin en forme de Sacré-Cœur
Des orgasmes simulés et un buffet de crêpes
Multipliées pour le petit déjeuner »

Après l’avoir apostasié
Crucifiée seule dans mon lit
Privée de son corps de son sang
Livrée à moi-même
En rémission de mes péchés
Je rêve d’un amour miséricordieux
Sans couronne d’épines

Soins d’urgence aquatique

Tu m’as baisée à la piscine municipale
Où nous travaillions tous les deux
Une crampe nécessitait des soins d’urgence
Dans ton maillot de bain réglementaire

Par pure conscience professionnelle
Je me suis héroïquement jetée
Entre tes genoux, sous la table
Du local réservé aux maîtres-nageurs

La directrice a failli nous surprendre
Je suis donc restée immobile
Ta queue dans la bouche
Jusqu’à ce qu’elle parte

Toi tu n’as même pas débandé
Ton cœur battait entre mes lèvres
Ton parfum de sueur, de sperme
Et de crème solaire emplissait mes narines

Nous avons alors convenu
Que c’était vraiment trop risqué
Mais puisque la piscine fermait
Tu m’as suivi dans le vestiaire des filles

Ton érection déformait le lycra
De ton maillot de bain réglementaire
J’ai glissé ma main entre tes cuisses
Hâlées et noueuses de champion crawleur

Tu as mordu mon cou et empoigné mes seins
Les yeux hagards et le souffle court
Et j’ai attrapé ton membre congestionné
Comme on s’agripperait à une bouée

J’ai longuement astiqué ta bite
Avec tant de soin et d’application
Que je m’attendais à tout moment
D’en voir sortir le génie de la hampe

Mais je savais que c’était dans mon cul
Que tu souhaitais rendre l’âme
Alors, je me suis retournée en baissant
Le bas de mon maillot de bain réglementaire

J’ai guidé ton membre entre mes fesses
Râlant à chaque poussée comme une noyée
Expirant dans la houle qui me tanguait
Tuée puis réanimée à chaque coup de boutoir

Et quand enfin tu as fini par te retirer
Tu as déroulé le préservatif rubané de merde
Pour pisser ton foutre à grand traits  
Sur le lycra de mon maillot de bain réglementaire

Fragment de lettre de rupture

[…]
Fuck ton sourire lumineux d’archange bestial
Fuck tes yeux noirs d’abysse
Fuck le voile soyeux de tes cheveux sur ton front
Fuck les jeans noirs un peu délavés
          Que tu portes tous les vendredis
Fuck tes souliers juste assez usés pour faire bohème et chic
Fuck tes fesses trop bien moulées
          Dans tes ignobles jeans du vendredi
Fuck le son de ta voix
          Je hais le son de ta voix dans ma tête
          Surtout quand je suis seule
Fuck tes idées et fuck ta thèse
          J’en ai rien à foutre de ton génie
Fuck ta poésie elle est meilleure que la mienne et je la déteste
Fuck tes compliments
          Tu aimes ce que j’écris
          Et j’en ai rien à branler
Fuck ton chien s’il me lèche une fois de plus
          Je l’émascule avec ma lime à ongles
Fuck ton appartement d’Ahuntsic
Fuck Ahuntsic je déteste ce quartier parce que tu y habites
          Et je continuerai de le détester jusqu’après ma mort
Fuck ton café-filtre avec du lait condensé sucré
Fuck ta manie de verser du lait condensé sucré
          Dans mon café-filtre
Fuck ta gueule d’amant romantique
          Tiré d’un roman Harlequin
Fuck les choix que tu m’obliges à faire
          Car je choisis de t’envoyer te faire foutre
Fuck les petites allumeuses du collège
          Qui te sucent entre deux cours
Fuck les petites traînées que tu baptises
          De ta purée pédagogique
          Brouet qu’elles avalent en gloussant ces pies
Fuck les cachous que tu leur offres après
          Goguenard
Fuck l’odeur de plotte mal récurée
          Qu’elles laissent flotter comme un trophée
          Dans ton bureau
Fuck tes propos responsables et sensés
          Alors que je suis hors de moi
Fuck ton calme ton flegme
          Tu me mets hors de moi
          Et tu en tires le pire
Fuck tes explications
          Je chie sur tes explications
          Je me torche avec tes lettres d’amour
Fuck ton cul angélique de pseudo intello
          Que j’enculerais si je le pouvais
Fuck ta sale trique
          Elle est jaune
          Laide et tordue
Fuck tes condoms nervurés pour mon plaisir
          Et ta bite hygiénique
          J’espère qu’elle pissera sang
          Et ordures gonococciques
Fuck la larme de foutre opalin perlant du méat
          De ton gland apoplectique
          Elle n’a rien d’émouvant
Elle n’est pas sublime
          Je mentais
Fuck ton jus amer
          Il donnerait envie de vomir
          Aux dernières des catins
          Tænia scato-spermophages
Fuck ton foutu foutre
          – que Satan le récolte et t’y noie
          Avec toutes tes pétasses que tu as pu asperger
          Pendant tes pauses syndicales
Fuck tout l’amour que j’ai eu et que j’ai encore pour toi
          Je te hais et je hais le culte que te vouent mes sens
          Va te faire sodomiser par un bouc syphilitique
          Adorable vomissure abjecte
          Va te faire f […]

Non

Remets-moi tout ça immédiatement
Tu ne peux pas te déshabiller ici
Tu ne peux pas étaler sur ce tapis
Tes seins ta motte ton cul pour la caméra
Éteins-moi ce cigare il est interdit de fumer
Non ce n’est pas le temps de prendre un bain
Mais vous êtes tous devenus fous ma parole
Tu ne peux pas te raser les couilles dans la cuisine
Et laisser des poils sur le carrelage
Ce n’est pas le moment de se branler
Mais qu’est-ce qui te prends de te branler
Comment peux-tu te branler à un moment pareil
Mais qu’est-ce que c’est que ça
Tu ne peux pas rester ici avec un doigt dans la chatte
Ce n’est pas le moment de se passer le doigt
Quelle est cette odeur
Ne lui mets pas ta langue à cet endroit
Ne lui tâte pas les fesses
Ne lui mets pas un doigt en astiquant son manche
Tu as des mailles dans tes collants
Arrête tu fais des mailles dans tes collants
Remets ton t-shirt cesse de les tâter personne ne veux les voir
Et toi, ne laisse pas ton slip taché dans le bol à fruits
Qu’est-ce que c’est que ça
Tu ne peux pas apporter ça ici
Remets-le dans ton sac
Éloigne ce truc de moi
Ils vont revenir d’une minute à l’autre
J’entends leurs pas dans l’escalier
Leur voix derrière la porte
N’approche pas ou je crie
Ne me touche pas
Non je

Avez-vous lu le poème que la salope chinouèse du bureau a écrit sur Hugo Lemieux?

Les pieds d’Hugo Lemieux
Chaussés de brogues noirs impeccables
Qui font craquer la salope chinouèse du bureau

Les yeux d’Hugo Lemieux
Qui déshabillent la salope chinouèse du bureau
Chaque fois qu’il la croise

Les épaules d’Hugo Lemieux
Que la salope chinouèse du bureau masse
Dans la salle des employés quand ils sont seuls

Les oreilles d’Hugo Lemieux
Que la salope chinouèse du bureau mordille
Quand elle lui apporte un dossier

Le coude d’Hugo Lemieux
Enfoncé dans les côtes de la salope chinouèse du bureau
Quand ils luttent et se chamaillent tendrement

Les doigts d’Hugo Lemieux
Qui pincent les mamelons de la salope chinouèse du bureau
Devant la photocopieuse

Les lèvres d’Hugo Lemieux
Quand il embrasse la salope chinouèse du bureau
Après le resto-ciné réglementaire

Les joues d’Hugo Lemieux
Qui rougissent quand, le lendemain,
La salope chinouèse du bureau l’entraîne dans la salle de réunion

Les orteils d’Hugo Lemieux
Badigeonnés un à un
Avec la salive de salope chinouèse du bureau

Le dos d’Hugo Lemieux
Qui se cambre quand la salope chinouèse du bureau
Lèche son anus avec application

Les jambes d’Hugo Lemieux
Crispées quand la salope chinouèse du bureau
Le ramone avec son gode-ceinture

Le torse d’Hugo Lemieux
Constellé de gouttes de sueur
Que lèche la salope chinouèse du bureau

Le menton d’Hugo Lemieux
Couvert de la cyprine
De la salope chinouèse du bureau

Le cul d’Hugo Lemieux
Qui se tortille drôlement en sortant de la réunion
Avec la salope chinouèse du bureau

Les bras d’Hugo Lemieux
Qui poussent la salope chinouèse du bureau
Le lundi suivant dans la toilette des hommes

La queue d’Hugo Lemieux
Enfoncée juste un peu trop loin
Au fond de la gorge la salope chinouèse du bureau

Le poil pubien d’Hugo Lemieux
coincé entre les dents
de la salope chinouèse du bureau

Le sperme d’Hugo Lemieux
Qui gicle et qui brûle
Les yeux de la salope chinouèse du bureau

La pisse d’Hugo Lemieux
Qui coule en rigole au coin de la bouche
De la salope chinouèse du bureau

Les dents d’Hugo Lemieux
Blanches comme des iceberg
Qui causent le naufrage de la salope chinouèse du bureau

Le cœur d’Hugo Lemieux
Qui n’a pas vraiment de place en ce moment
Pour la salope chinouèse du bureau

Prendre un cochon par la queue

(Chanson à répondre qui n’appelle pas de réponse)

Pendre un cochon par la queue
Prendre Denis Cauchon par la queue
Siffler en astiquant, siffler en besognant
Prendre Cauchon par la queue
La la la la la, la la la la

Prendre Denis Cauchon par la queue
Denis Cauchon qui dit un « Non ! »
Étouffé par la culotte sale enfoncée dans sa gorge
Ma culotte qui bâillonne Denis Cauchon
Assis sur le siège du passager
De la Beetle soixante-seize de ma mère
La queue de Denis qui palpite dans ma main
Pendant qu’il tente de se libérer
Pendant qu’il tente de se dépêtrer
De sa ceinture achetée chez Moores
La la la la la, la la la la

Siffler en astiquant, siffler en besognant
Et prendre Denis Cauchon par la queue
Pour le porter à mes lèvres
Car je sais jouer de cet instrument
Porter la queue de Denis Cauchon à ma bouche
Pendant qu’il tortille sont petit cul
Et s’escrime avec sa ceinture pur cuir
Avec des « han ! » et des « heu ! » et des « ouf ! »
Denis Cauchon pris par sa queue qui dégoutte
Quelques foutues gouttes de foutre dégoûtant
La la la la la, la la la la

Avec des « han ! » et des « heu ! » et des « ouf ! »
Denis Cauchon hulule et perd ses lunettes
Pendant que sa queue chatouille ma luette
Il ahane et de ses hanches avance son manche
Sa queue pointue de véritable Denis Cauchon
La queue de Denis Cauchon qu’enfin je suce
Caché, son vit tendu par les vitres teintés
Avec des « han ! » et des « heu ! » et des « ouf ! »
Apeuré Denis Cauchon donne et crache sa purée
La giclée débordante gifle mon débardeur
La la la la la, la la la la

Prendre un cochon par la bouche
Prendre Denis Cauchon par la bouche
Donner la langue et lui glisser en rigolant
Quelques foutues gouttes de foutre dégoûtant
La la la la la, la la la la